Alpine A110R : l’émotion Retrouvée ?

Depuis toujours, je recherche l’émotion. J’en suis friand. Friand de cette onde qui te parcourt le corps, amateur de cette putain de poussière dans l’œil, volontaire à trembler, recherchant cette petite chose qui fera tout. La bouche pâteuse, les bras qui se raidissent, le ventre qui gargouille, les genoux qui tremblent, le fond de l’œil humide, là, dans le coin. Vous voyez. Un plat peut me provoquer cette vague d’ondes sensuelles, une scène niaise d’un film, un finish d’une course de vélo, un podium des Red Bull caisses à savon conquis avec mes trois compères. Je vous raconterai ça à l’occasion.

Comme Howard Carter

Cette fois, il me semble que l’émotion soit revenue. Une émotion automobile, comme quand on passe le flying-finish d’une épreuve chronométrée après une longue pause, comme quand je reprends mon souffle après avoir envoyé du bois au volant de l’Alpine A110 sur le circuit du Grand-Sambuc. Vous imaginez ? Ou encore, quand on fait la « barn-find » parfaite, la « sortie de grange » inestimable, dans une grange perdue dans le campagne d’une province française… et qu’une Delahaye carrossée par Figoni & Falaschi se montre sous une couche de poussière… L’émotion ! Imaginez l’émotion de l’archéologue Howard Carter lorsque le 26 novembre 1922, il découvrez la tombe de Toutânkhamon… C’est cette émotion dont je veux parler. Vous me direz que je vais loin, que je pars loin, mais chacun vit les choses à sa mesure. Je suis certain que vous avez vos propres émotions et que vous me comprenez.

Dans cette mesure, je pense avoir retrouvé une émotion automobile. Non pas qu’elle fut perdue, mais qu’elle est rare. J’ai par exemple été bouleversé par certains modèles de la Collection Schlumpf, que j’ai découvert cet été, j’ai autrement été chamboulé par la visite de l’usine Bugatti de Campogaliano, lors d’un autre été. Voyez, tout est rare, et cela devient encore plus rare lorsqu’on vieillit, car on coche des cases. Parmi mes dernières émotions automobiles, voire bouleversement automobile, je retiendrai l’Audi e-tron GT, tant cette caisse a perturbé mes repères.

Cette fois, ce sont des photos qui m’ont donné émotion, car je n’ai pas pu glisser mon cher fessier dans le baquet Sabelt concerné. Je sais que cela fait léger, peut-être too much mais j’ai vraiment senti quelque chose en moi quand j’ai découvert l’Alpine A110R. Tout juste révélée, l’Alpine A110R est pour le moment la plus performante des Alpine produites, avec un R pour « Radical ». Je ne suis pas bien friand du mot « Radical », qui me semble un peu trop marketing à mon goût. Ce n’est pas grave, ce qui compte c’est le cadeau, pas l’emballage, sauf pour les enfants de 1 à 7 ans, qui préfère toujours s’amuser avec le carton du jouet plutôt qu’avec le jouet lui même. C’est un fait, une histoire de ramage et de plumage qui s’explique aussi dans l’emballage.

De quoi être emballé

L’emballage de cette Alpine A110R est d’ailleurs de belle facture. Parmi les choses qui m’ont marqué, -outre sa bestialité presque discrète- ce sont son capot, ses jantes et sa baie arrière. Le capot est noir, comme sur les voitures de course d’antan, des années 60-70. On aime le clin d’œil, avec toute la partie supérieure de la voiture très noire, allant du capot à l’aileron, lui aussi en carbone. Cette zone noire se termine par un petit bonus, qui est un gros bonus, avec la baie arrière en verre qui est remplacée par une sublime pièce de carbone.

Les jantes de cette Alpine valent aussi un chapitre. Depuis quand les constructeurs automobiles se permettent-ils une asymétrie ? Je n’ai pas la réponse à cette question mais Alpine A110R trouble le jeu et innove : les jantes avants et arrières sont différentes. Entièrement fabriqués en carbone, noires, juste vernies, je les valide sans broncher, avec un gros coup de cœur pour la paire arrière. Cet ensemble de jantes carbone permet de gagner 12.5kg. Comme on l’a vu, le carbone est d’ailleurs à la fête, avec en complément la lame avant, les bas de caisse, le diffuseur arrière entièrement fabriqués en fibre de carbone.

Pour rappel, l’A110R accueille toujours le moulin 1.8L turbo, développant cette fois 300 chevaux pour 340Nm de couple, comme l’A110S. Le tout envoie notre Dieppoise dans un 0 à 100 KM/h en 3.9 secondes. Sur la balance, on notera 1082kg (34 kilos de moins que l’A110S) pour un total 105.000€, soit environ 100€ le kilo. C’est un détail qui ne sert strictement à rien mais valait le coup d’être calculé. Cette A110R est aussi 10mm plus basse, ce qui fait vraiment Racing.

Son esthétique extérieure est peut-être un peu trop chargée, mais je crois qu’on a là ce que la France mérite d’avoir. Non pas de supercar, non pas une hypercar mais une Alpine racée comme il se doit. Alors on pourra parler de sa robe bleue mate qui peut faire tiquer, on peut parler de son prix élevé qui fera râler mais je crains que celles et ceux qui ont les moyens de s’offrir ce bijou râlent véritablement.

La nouvelle A110 R en bref (la liste est fournie par Alpine, j’ai copié collé le communiqué)

  • Moteur 1.8 4 cylindres 16s
  • Puissance de 300 chevaux

  • Rapport poids / puissance de 3,6 kg/ch

  • 0 à 100 km/h en 3,9 secondes
  • 
340 Nm de couple de 2 400 à 6 000 tr/min
  • Vitesse de pointe : 285 km/h
  • Châssis : ressorts et barres antiroulis recalibrés, géométrie de trains spécifique, ressorts hélicoïdaux 10 % plus raides, barres anti-dévers spécifiques, combinés ressorts / amortisseurs réglables, hauteur de caisse réduite de 10 mm avec possibilité de réduire d’encore 10 mm sur circuit
  • Masse à vide en ordre de marche : 1082 kg
  • Système d’échappement Sport
  • Système de freinage haute performance Brembo®, disques bi-matières de 320 mm de diamètre
 à l’avant et à l’arrière
  • Jantes de 18 pouces en full carbone
  • Pneus « semi-slick » Michelin pilot Sport Cup 2
 de 215/40 R18 à l’avant et de 245/40 R18 à l’arrière
  • Sièges monocoques en carbone Sabelt® Track réglables sur 2 voies pour le conducteur avec revêtement mixte fibre de carbone-microfibre noir et surpiqures grises

Voilà de quoi être servi. Dans une ambiance très japonaise, vous verrez dans la suite de cet article que l’Alpine A110R se révèle dans un shooting citadin, à la lumières des devantures de magasins, des néons des boutiques. Au pays des Mitsubishi Lancer Evo, Subaru Impreza autre Toyota Supra et Nissan GTR, notre chère Française ne semble pas perdue. De notre côté, on veut aussi voyager à son bord, on attend donc de se glisser à son volant. Pour bientôt ? On croise les doigts.

A très bientôt,
Jean-Charles

Un commentaire

  1. JP Huvelle

    Et oui l’on sent parfaitement que cette Alpine t’inspire !
    Pardi une vrai GT à la française issue d’une lignée possédant un tel palmarès ne pouvait te laisser indifférent.
    Et, Comme d’habitude, de très belles photos de l’auto.

Laisser un commentaire