2002, les petits cailloux de maison blanche : mes premières 24 heures du Mans

Un jour, je suis au bureau, il y a quelques mois. Comme quasiment tous les jours, ma chère maman passe me voir. C’est le luxe de bosser en famille. Il y a toujours un coucou à faire, un truc à voir avec mon oncle, un café à prendre ensemble. Cette fois, dans un grand ménage de printemps, maman a retrouvé une petite boîte. Une boîte de pellicule photo argentique, blanche translucide, avec sur une étiquette autocollante, quelques petits mots écrits, de deux écritures différentes, par mon papa et moi : LE MANS, 15/16 JUIN 2002 MAISON BLANCHE.

La petite boîte de pellicule photo

A la vue de cette boîte à pellicule photo, tout m’est revenu. Comme dans le film Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, quand petit garçon devenu adulte ouvre son ancienne boîte de Bergamottes de Nancy, rouge et or, redécouvrant un petit cycliste, une photo de Juste Fontaine, des billes et autres trésors qu’il avait caché étant petit.

A la vue de cette boîte à pellicule photo, tout m’est revenu : « Mon premier Le Mans ». Je me rappelle de tout. Des commissaires de piste qui m’avaient emmené avec eux. De mon père, fier comme s’il avait un bar tabac de me voir partir sur cette course qu’on a tant suivi ensemble. Je me rappelle des Audi, ces sublimes Audi, qui finissent aux trois premières places du podium. Des prototypes MG, Oreca/Playstation ou encore du prototype Racing for Holland noir et blanc. Mais je me rappelle aussi et surtout des Bentley. Les Bentley EXP Speed 8. J’ai tout acquis à leur cause. Durant trois jours, je me baladais drapeau Bentley vissé sur les épaules, casquette de Bentley Boys sur la tête. On me prenait pour un petit Anglais, et je vivais mes premières 24 heures du Mans.

Sans doute à l’époque, je m’étais rendu compte de la chance que j’avais eu d’avoir pu être là ce week-end de juin. Là, en bord de piste, avec ces acteurs de l’ombre, ces hommes et femmes constamment vêtus de leurs combinaisons oranges. Un quasi uniforme qu’ils ne quittent pas, endossant un rôle fort, nécessaire, durant quelques jours dans l’année, tout à leur honneur, j’ai nommé les commissaires de piste.

La chance, je l’avais bien estimée et j’avais décidé de marquer le moment. Dans une petite boîte de pellicule photo, j’empruntais quelques grammes de gravier issus du bac à gravier de maison blanche. J’emmenais un morceau du Mans avec moi. Quelques pièces fortes du souvenir intense d’un adolescent qui venait là voir la plus grande course du monde. Un souvenir gravé dans ma mémoire.

Mon premier café, mon premier Le Mans

Bien volontaire, l’ami de mon père m’avait donc convié à suivre son équipe de commissaires de piste lors des 24 heures du Mans. Quelques jours passés au Mans, avec les commissaires de piste, en bord de piste, entre camping-car et tentes. Le connaissant bien, j’avais accepté, vous vous en doutez. Nous étions alors postés du côté du virage de raccordement, à l’entrée des stands et j’allais vivre un beau Le Mans, nuit et jour.

Tout se passait très bien, jusqu’au moment du premier petit déjeuner. Sortant des jupons de ma mère, je pensais sûrement que tout le monde aurait pensé à mon petit déjeuner d’ado boutonneux. Mais non. « Qu’est-ce qu’il y a pour le petit déjeuner ? » « Du café ! » Ces deux mots, ces trois syllabes, claquent encore dans mes oreilles. Où était mon chocolat chaud matinal ? Ma confiture de fraise ? Vous connaissez la suite, café noir avec du sucre pour faire passer la pilule. Depuis ce jour, puis ces 24 heures du Mans 2002, je suis une véritable cafetière ambulante et j’ai remisé pour de bon le Nesquik. C’est à cause du Mans que je bois du café. Sans doute un peu trop me dit-on.

En ce week-end des 15 et 16 juin 2002, je suis tombé amoureux. Jusque là, j’avais vu beaucoup de rallyes en coupe de France, en Championnats de France ou de Belgique ou encore vu du supertourisme à Spa-Francorchamps ou leurs 24 heures. Le sport automobile me faisait vibrait mais jamais je n’avais encore jamais vu une telle chose : les 24 heures du Mans. J’avais succombé à sa folie, sa passion, son ambiance indescriptible, au commentateur suivant au micro chaque évènement de la course, ce son global envoutant, des autos qui hurlent à vous en fendre les tympans. J’avais tout aimé, je m’étais régalé de tout et rien n’a changé aujourd’hui. Par la suite, j’ai eu la chance de voir et revoir Le Mans, de le vivre de différente façon. Avec Alpine, avec Audi, avec Peugeot, avec DPPI. Pour tout cela, Le Mans aura toujours une place particulière pour moi.

Nous sommes à quelques jours du Mans et je vous souhaite de bonnes 24 heures à toutes et tous.

A très bientôt,
Jean-Charles

La petite boîte souvenir

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