Calogero Etnarref, 1949-2021, mon plus vieux tonton

Calogero Etnareff, 1949-2021, mon plus vieux tonton

Un roc, une pierre, s’en est allé, le plus vieux tonton, le plus vieux frère. Calogero Ferrante, dit Calogero Etnareff, né en 1949 à Delia, Sicile, est parti paisiblement, dans son sommeil, au petit matin de ce lundi 11 octobre 2021, à Roubaix.

De sa Sicile natale à Roubaix où il est arrivé en 1957, du Valenciennois où il a longtemps vécu et fondé sa famille, puis à Roubaix où il était venu se reconcentrer sur sa peinture, cette homme de 72 ans aura eu mille vies. Il fut peintre oui, ce qui fut le plus gros de son activité, mais aussi chanteur (oui oui dans les années 70!), commerçant dans le textile (il eut une boutique à Roubaix2000) mais aussi négociant en produits alimentaires italiens, négociant d’art et bien d’autres activités. Il eut même une folie pour la ferronnerie. Un cas à part ce tonton à la barbe blanche.

Je serais bien resté encore des heures à l’écouter me conter ses histoires les plus perchées, ses voyages les plus fous, ses allers-retours vers Paris « juste pour manger un plat de pâtes ». Folle, sa vie le fut, comme il fut fou aussi, un peu. Nous l’aimions ainsi.

Chez lui, à Roubaix.

En commun, nous avions ce prénom, car Calogero, c’est Charles en italien/sicilien. En commun, nous avions bien d’autres choses en commun, l’art, les couleurs, les nuances, les teintes. Son art eut intrinsèquement un impact sur mon métier d’aujourd’hui, sur ma scolarité, quand je triomphais dans les arts plastiques. C’était mon tonton qui m’influençait alors, quand mes parents nous trainaient ma sœur et moi dans les galeries d’art.

Comme je le disais dans mon papier d’adieu à Mahjoub Ben Bella, « Gamin, j’ai toujours cru qu’il n’y avait que deux peintres : Mahjoub et Calogero. » Après le décès de Mahjoub en juin 2020, il me restait mon oncle Calo. Aujourd’hui, ma palette de couleurs semble bien terne. Si ces deux personnages me semble-t-il étaient un peu brouillés (va savoir pourquoi), j’en garderai l’émotion qu’ils me donnaient quand j’étais gosse. Charles ne m’en voudra pas.

Avec Charles, nous étions bien proches et bien complices, surtout depuis qu’il était revenu à Roubaix. Il résidait à Roubaix depuis quelques années, comme si, tel un éléphant, il était venu mourir là où son histoire française avait débuté, là où il avait commencé à travailler, à créer sa famille, à quelques hectomètres de la maison de mes grands-parents, quelques hectomètres du magasin Papi.

Parti, il nous laisse des souvenirs, des rires, des bouteilles de vin rouge à n’en plus finir, une élégance particulière, de belles bretelles glissants sur son ventre bedonnant, des toiles, des peintures, des esquisses, des aquarelles, des palettes de peinture gouache ou acrylique bientôt sèches à jamais, des parfums de Sicile, de jolies chansons, des poèmes, une vie trépidante et cinq beaux enfants, mes cousins Charles, Simon, Joséphine, Ange et Jean-Michel. Je les embrasse.

Bonne route Tonton.
Jean-Charles

5 commentaires

  1. Cocquerelle

    Dans la vie d’un homme il y a souvent des enfants de sang et de cœur bien sûr et parfois le destin amène un autre enfant qui est seulement un petit inconnuun devenu enfant de COEUR
    Qui aurait tant aimé être aussi un de sang.
    Mon papa de cœur dont je suis immensément fier m’a tellement imbibé de ce qu’il était pendant toute sa vie et de ce qu’il sera toujours,pour moi et pour tant d’autres que je suis immensément fier de lui ressembler a fait qu’on m’a dit si souvent mais ! Peu de gens le savent ou ne veulent l’écrire et ce n’est vraiment pas bien grave !!car moi le petit Jean michel qui a croisé ce beau jeune homme dans les années 70 est à cette période là devenu mon père ! Oui !!🙂mon vrai et unique papa qui m-a adopté suivi aimé éduqué aussi bien ou comme il a voulu que tous
    ..Que j’aimais que j’aime et que j’aimerai toute ma vie ceci en attendant de le rejoindre lui et bien d’autres dans un autre monde
    Bien sur le plus tard possible ceci pour avoir la joie d’honorer sa mémoire dans mon cœur déjà et auprès de tout ceux qui voudront bien m’écouter et parler de mon PÈRE et aussi de vivre tt simplement
    Je suis certain pour me l’avoir dit debut octobre ou le 2 octobre qu’il est fier et heureux de tout ses enfants et leur famille .
    Ce qui existe ne.peut cesser d’exister et en.particulier l’amour d’un homme tel que Charles ferrante qui restera immortel
    Ou le petit sicilien venu de sa campagne alors qu’il.n’avait que 8 ans
    Repose en paix papa et excuse moi d’avoir été aussi loin de toi par la distance.
    Je suis pres de toi dans mon cœur

  2. Bernard DEBRUYNE

    Nous sommes le 8 Décembre 2021 et pour une raison inconnue, depuis le matin je pense à mon copain de parcours artistique Lillo et, poussé par une envie de recherche sur internet, j’apprends qu’il est parti en Octobre…Lillo…que des souvenirs joyeux. Une première rencontre en Mars 1971 à son bar spectacle  » Le Maxim » qu’il tenait au hameau du chien à Quesnoy-sur-Deûle où il chantait ses chansons en fin de soirée quand il n’y avait plus grand monde et où il m’a invité à chanter les miennes…la deuxième rencontre à Paris le 14 Mai 1976 au théâtre « le Nouveau Carré » lors d’une audition de Mireille au « Petit Conservatoire de la Chanson » avec Mylène Demongeot…Troisième rencontre à Roubaix en 1980 je crois, Avenue Motte dans une Galerie de Peinture qu’il tenait et où il était aussi représentant en Diamants et où il m’a offert un produit nettoyant fabuleux pour l’argent…et aussi au début des années 1990 quand il venait chez moi devenu le peintre Calogero Etnareff pour me parler de ses formidables périples de peintre dans le monde entier et de sa galerie à Saint-Amand-les-Eaux et où il a offert à ma fille Perrine une de ses lithographies signée…bref voilà pour les rencontres principales mais il y en eu plein d’autres tant dans la musique que dans la peinture, deux passions qui nous étaient communes…Je te souhaite bon vent Lillo, Le hasard ne nous fera plus nous rencontrer mais j’aurai toujours le souvenir du sourire que tu affichais tout le temps quand tu parlais…Bernard

  3. bertrand

    Cela faisait quelques années que je ne l’avais pas vu, la vie faisant qu’on s’éloigne parfois des êtres qui nous sont chers. Je le vois encore parfaitement, gravé dans ma mémoire, son rire, son calme et sa voix grave envoûtante. C’était quelqu’un comme on en rencontre peu, d’une très grande profondeur. Il m’a pris sous son aile pour travailler avec lui à la galerie de Saint-Amand à une époque où je me cherchais un peu. Il avait quelque chose de rassurant. Il était toujours plein de projet et il était capable d’emmener tout le monde à le suivre… d’être à l’aise avec tout le monde et en toute circonstance.
    Une grande personne. Une grande perte…

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