Passion borne kilométrique : je crois avoir trouvé la sainte-patronne des bornes kilométriques.

J’ai une véritable passion pour les bornes kilométriques. Et les vieux panneaux aussi. Je ne sais pas ce qu’ils m’ont fait ou ce que je leur ai fait mais à chaque fois que je croise un de ces blocs de béton, je suis toute chose.

Cet amour bétonique, aussi fort qu’un amour platonique, vient surement de mon amour de la route et d’une nostalgie maladive. Autoroutes, nationales, départementales, locales, communales et même métropolitaines maintenant, les routes sont nombreuses. Mais on a perdu les bornes kilométriques faites de pierre, remplacées par de vulgaires panneaux en métal inoxydables ou en plastique. C’est bien dommage et moins joli.

Bornes kilométriques ou vieux panneaux ? Je les aime tout autant je crois.
Audi RS Q5 sur la N105, Roadtrip en Aveyron, via les Gorges du Tarn, direction Millau.

Originellement, toutes les routes étaient équipées de bornes kilométriques. En France, on trouve d’ailleurs de telles bornes dès le XVIIIème siècle, sous Louis XV, quand à partir de 1745, les voies royales sont équipées de telles bornes. Cela vient de là. Depuis, toutes les routes départementales et nationales françaises en ont été équipées, avec une symbolique, une sympathie toute particulière pour les bornes des Route Nationale 6, Route Nationale 7, Route Napoléon. Les routes des vacances. les souvenirs des vacances. Et qui dit borne, dit 1000 bornes. On joue ?

Faire des bornes, 1000 bornes, 1000 kilomètres

1000 kilomètres, 1000 bornes, un chiffre rond très français. C’est environ la distance parfaite entre le nord et le sud de la France, Dunkerque et la Côte d’Azur, par la Nationale 7 bien sûr. De 1000, on passe à la 1083, et si la marque de fringues françaises 1083 existe, ce n’est pas pour rien. 1083 c’est la distance la plus grande qui sépare deux villes de France métropolitaine. La marque de jeans français ne s’y est pas trompé. Et au rayon jean français, ma chère institution familiale Tissus Papi vous le propose en ligne d’ailleurs, au mètre.

Et puis le 1000 bornes, c’est le jeu de notre enfance. Avec quelques cartes, nous ne manquions pas de stopper nos adversaires d’un coup de crevaison, de leur passer devant avec une carte « véhicule prioritaire » et de se battre à coups de limites de vitesse. Un jeu intergénérationnel.

Des bornes, 1000 bornes, le jeu de l’enfance, multigénérationnel.

1000 bornes, 1000 kilomètres c’est aussi la distance parcourue par bien des courses d’endurance. Les 1000 kilomètres de Spa, aujourd’hui devenue les 6h de Spa sont sûrement les plus célèbres, disputées au coeur du FIA WEC, avant les 24 heures du Mans. Et puis il y a 1000 miles de Sebring, eux aussi en FIA WEC et sur ce blog qui encense la Targa Florio, nous ne pouvons oublier l’autre grande course italienne que ce sont les Mille Miglia. A vrai dire, si 1000 miles ne font pas 1000 kilomètres mais 1600, 1000 miles ou 1000 kilomètres, c’est le compte rond qui joue. Et puis qui ne rêve-t-il pas de faire 1000 bornes à vélo ? 1000 kilomètres avec un litre d’essence ? Voyez, les 1000 bornes et les bornes sont partout. Et le rallye des 1000 lacs, j’en parle ? Sans doute vais-je ici trop loin 🙂

La Sainte-Vierge et la borne

Vous voyez, les kilomètres et les bornes nous marquent. C’est donc sur la départementale D941, sur la commune de Diéval (Pas-de-Calais en région Hauts-de-France), que j’ai croisé cette stèle, ce calvaire hors du commun. Sur une borne kilométrique trône la Vierge-Marie, avec la phrase « Notre Dame de la route, veillez sur nous », telle une protectrice. Un calvaire, presque de l’art brut. Quelques pavés comme un muret, quelques fleurs perdues et une plaque « Réalisé en 1954, rénové en 1994, les habitants de Diéval et leurs amis. » Il faut dire qu’en 1954, les routes étaient bien moins sûres qu’aujourd’hui, moins fréquentées aussi. Les voitures elles aussi étaient moins nombreuses et moins sûres. C’est la première fois que je voyais un tel calvaire, à base de Sainte-Vierge et de borne kilométrique. Cela valait bien quelques photos.

Et Saint-Christophe aussi

Cette Vierge-Marie, patronne de la route, piquerait presque à le rôle de Saint-Christophe, le patron des voyageurs. Par extension, Saint-Christophe en est devenu le patron des voitures, des vélos, des motos. De son vrai nom Christophe de Lycie, il protège les tous les moyens de transport, de locomotions, les voyages sur route, l’heure des grands départs. Certains apposent une médaille de Saint-Christophe dans leurs voitures, recevant ainsi la bénédiction du sacré.

Un petit médaillon Saint-Christophe à coller dans la voiture ? C’est dispo chez Norauto !

Et c’est au pied de l’église Saint-Christophe, qu’a lieu tous les ans à Tourcoing une grande bénédiction des voitures, motos, vélos. Elle a lieu courant juin, avant les grands départs en vacances. L’occasion de bénir votre voiture quotidienne mais aussi de sortir votre voiture classique. A Tourcoing, Saint-Christophe est en effet devenu un grand rendez-vous annuel où de nombreux propriétaires de véhicules anciens se regroupent à cette occasion. Ici par exemple, on retrouvait dernièrement la Renault 4 des Tissus Papi au cœur de la bénédiction de Saint-Christophe.

En Audi A6 Avant sur la D52, sur la route des lacs de l’Aubrac…

1000 bornes, j’ai trouvé 1000 bornes

Tout au long de mes périples, et même au quotidien dans mes divers allées et venues, j’aime m’arrêter faire quelques photos. Dans nos campagnes par exemple, je ne cesse de scruter les bas côtés des routes à la recherche d’une jolie borne kilométrique. Comme un toc. Vous trouverez quelques une de ces photos sous l’article. Des Hauts-de-France, aux Alpes, du Larzac au Maroc.

Prenez la route et prenez votre temps,
Jean-Charles

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