Musée à ciel ouvert : la friche street-art de la Tossée Tourcoing

C’est là tout l’art d’un musée à ciel ouvert. C’est là la chance d’avoir un musée à ciel ouvert. Par une entrée des plus discrètes, la friche de La Tossée, à Tourcoing, se montre. Il faut connaître l’endroit, il faut le tenter, il faut le chercher. On se croirait en urbex dans une centrale nucléaire. Fuir les regards, se faire discret. On ne sait pas bien si on a le droit d’être là. On sait qu’au pire, on se prend un remontage de bretelles, au mieux, quelques mots échangés par des amateurs d’art et de street-art comme moi.

Les restes d’une époque où La Tossée brillait…

En ce vendredi soir, je décide d’aller m’aventurer sur la grande friche qu’est La Tossée. La Tossée, c’était le Peignage de la Tossée, le dernier peignage de la laine du Nord. Une usine étalée sur une surface de 5 hectares, fermée en 2004. Le temps a passé, la Grande Brasserie Moderne a elle aussi fermé, devenu Kipsta, marque de Decathlon. Des maisons sont arrivées, des appartements, un parking sur plusieurs étages aussi, qui m’a l’air constamment vide. Toute la zone de l’Union, à cheval entre Roubaix et Tourcoing, a évolué, changé, transformé, en un mélange d’architecture mêlant le neuf et l’ancien, les anciennes usines aux grands volumes et le contemporain. Dans cet équilibre fragile qu’est l’Union, où j’ai l’impression que les choses mettent des siècles à évoluer, une partie du peignage de la Tossée reste toujours en place, fort et imposant, fait d’intemporelles briques rouges exposées aux quatre saisons.

Roubaix, Tourcoing, on a toujours une cheminée qui nous regarde…
Entre ciel et terre, La Tossée, ses briques rouges, sa cheminée et son musée maintenant.

Dans cette aile de l’usine, l’art a pris son dû. Là, quinze ou vingt street-artistes ont œuvré, le temps d’un week-end à repeindre les murs défraichis de l’usine en attente de reconversion. Les fresques sont là, peintes, vives, racontant chacune leur histoire, émettant leur message, dans une organisation des collectifs Renart et Des Friches et des lettres.

Soutenus par ces collectifs artistiques bien connus de Lille/Roubaix/Tourcoing, bien des artistes ont travaillé d’arrachepied. On imagine le chrono qui court pour réaliser ces fresques. LEM, Mister Primo, Lady Alézia, Mr VoUL ou encore Logick sont là, rejoints par d’autres graffeurs et peintres. Je ne suis pas spécialistes du street-art au point de connaître et reconnaître chaque artiste, mais parmi toutes ses peintures, ma favorite reste le double vitrail peint de LEM que voici. A gauche, Notre-Dame de l’Union; à droite, Le saint de la zone. Tout un programme pour ces vitraux parachutés en pleine terre sainte de street-art, qu’est Roubaix.

J’aime aussi beaucoup ce travail, dont je ne connais pas le nom de l’artiste, qu’il se manifeste! (Edit : il s’agit de SamiOne, merci QuidAm pour l’info!) Sur un fond orange brique, une multitude de petits personnages ont pris vie, dans des tons blancs à violets. Un joli travail, très esthétique aussi. On dirait des sketchs issus d’une planche à dessin. A voir.

On a aussi de belles fresques sous arches, créées par Mister Primo, et son « Death club », ici à droite et à gauche de l’image. Au centre, je ne sais qui a graffé ce Meli Melo de blanc et verts.

Salah, figure emblématique du quartier est aussi présent. Salah, le cafetier de « Chez Salah » avait en effet tenu tête aux promoteurs immobiliers et avait réussi à conserver son café au cœur du quartier, à côté du pont joignant Roubaix à Tourcoing. Salah nous quittés dans la nuit du 14 au 15 avril 2019 mais son âme est toujours là, ici peint sur le mur et il a quelques mois, par des collages dans le quartier. Je vous conseille d’ailleurs ce papier de notre chère VDN.

Que serait le quartier de l’Union sans Salah ?

Aussi, au sujet de cette friche colorée, je vous conseille un autre article de La Voix du Nord, Roubaix-Tourcoing: à l’Union, une expo street-art à ciel ouvert sur un bâtiment en friche. Ce papier nous apprend par exemple que ce projet est fait avec l’accord et le soutien du propriétaire, le promoteur Linkcity, chose assez rare pour être notifiée. Bravo donc. On apprend aussi que des visites guidées seront organisées cet été, avec la présence des artistes, qui seront eux même les guides. Intéressant. Et mon petit doigt me dit que cela ne devrait plus tarder.

A la suite de cet article, je vous laisse quelques photos, vous aurez de quoi vous faire un bel avis sur ce nouveau lieu de l’art roubaisien et tourquennois, même si rien ne vaut d’apprécier tout cela sur place. Dans le cadre encadré des visites organisées, ce sera bien mieux que mon expédition solo, vous verrez.

Bonne journée chez vous,
Jean-Charles

3 réponses sur “Musée à ciel ouvert : la friche street-art de la Tossée Tourcoing”

  1. Merci de nous avoir fait connaitre ce musée.mais le terme musée s’accorde t il au street art ? J’en doute mais qu’importe, le principal est de laisser les artistes s’exprimer librement et pour cela bravo au propriétaire des lieux.

  2. Bonjour, effectivement des visites sont organisées a partir de ce mercredi 15 juillet. Elles auront lieu le mercredi et le samedi. Vous pouvez trouver les informations et réserver votre place sur le Facebook du collectif Renart. Le site vient d’être sécurisé et par conséquent l’accès y ai désormais fermé en dehors des visites. De nouvelles peintures ont été réalisées aujourd’hui. Merci pour votre article.

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